Michael Vaz d’Almeida, associé de Nilson Law Group, a récemment contribué à Inspir’, le magazine du MEDEF Paris, dans le cadre de son édition spéciale « Relation transatlantique : l’avenir en partage ». Nourri par l’expérience de notre cabinet new-yorkais bilingue français-anglais, son article explore les risques souvent méconnus liés à l’acquisition d’une entreprise aux États-Unis.
L’acquisition d’une entreprise nécessite un audit préalable (due diligence) qui va au-delà de l’analyse des comptes et des contrats. Certains risques liés à la technologie, aux salariés ou aux réglementations propres à chaque État peuvent affecter significativement la valeur de l’entreprise et la réussite de l’opération, sans pour autant apparaître dans ses états financiers. L’article met en lumière trois domaines qui méritent une attention particulière :
- Intelligence artificielle et cybersécurité. L’acquéreur doit comprendre quels outils d’IA l’entreprise cible utilise, quelles données elle y intègre et quels risques en découlent pour la propriété intellectuelle, les informations confidentielles et les secrets d’affaires. L’examen de la cybersécurité doit également porter sur les dispositifs de protection, les incidents passés, les couvertures d’assurance et la capacité à réagir en cas d’incident.
- Salariés clés et immigration. Une entreprise peut dépendre fortement de quelques personnes dont le départ risquerait de perturber son activité. La due diligence doit examiner les mécanismes de rétention, les engagements de confidentialité et la possibilité, pour les salariés titulaires d’un visa sponsorisé par l’employeur, de conserver leur statut après l’opération.
- Conformité dans les différents États. Les États-Unis ne doivent pas être considérés comme un marché juridiquement uniforme. Le droit du travail et d’autres obligations varient d’un État à l’autre, et le télétravail peut créer des exigences supplémentaires. Certaines lacunes, comme l’absence d’une assurance obligatoire contre les accidents du travail, peuvent entraîner des sanctions, alourdir le coût de l’opération ou retarder sa réalisation.
L’essentiel à retenir : Une due diligence efficace associe l’examen des documents à des questionnaires détaillés et à des échanges directs avec le vendeur pour comprendre le fonctionnement réel de l’entreprise. Identifier les risques moins visibles en amont permet de mieux apprécier sa valeur et de négocier des protections contractuelles adaptées.







